Alors que les taux d'intérêt ont poursuivi leur hausse au troisième trimestre, passant de 4,08 % à 4,4 %, la solvabilité des ménages modestes acquéreurs d'un logement s'est améliorée.
![]() |
A toute chose malheur est bon. La hausse des taux des crédits immobiliers n'a pas pénalisé tous les emprunteurs. Au troisième trimestre, le renchérissement des prêts immobiliers s'est accéléré, passant de 4,08 % à 4,4 %, malgré un climat de concurrence tendu. Les trois quarts de la production de crédits se tiennent dans une fourchette de taux de 4,25 % et 5 %. Mais les ménages les plus modestes bénéficient à plein du nouveau dispositif fiscal de déduction des intérêts des crédits immobiliers et d'un élément plus structurel, la durée, plus longue que la moyenne de leurs emprunts (236 mois en moyenne).
Du coup, leur indicateur de solvabilité entame un redressement spectaculaire. Celui-ci retrouve les niveaux les plus élevés du début des années 2000, relève l'Observatoire du financement des marchés résidentiels-crédit logement. " L'impact est considérable, note Michel Mouillart en charge de l'étude. Pour les ménages percevant moins de 3 SMIC et qui acquièrent un logement dans le neuf, le dispositif fiscal entraîne une baisse de 6,7 points du taux d'effort, soit autant en revenus et une baisse de 6,5 points dans l'ancien. " Pour les ménages gagnant davantage (entre 3 et 5 SMIC), le bénéfice est deux fois moindre, mais leur solvabilité se redresse néanmoins, retrouvant son niveau de 2005. La baisse du taux d'effort est de 3,3 points pour l'acquisition d'un logement dans le neuf et de 3,2 points dans l'ancien.
Remontée des taux
Mais la remontée des taux a surtout pénalisé les ménages les plus riches (5 SMIC et plus), qui sortent grands perdants de la tension sur les taux. " Ils cumulent deux handicaps, indique Michel Mouillart. Ils s'endettent sur des durées moins longues (205 mois en moyenne) et le dispositif de crédit d'impôt est pour eux d'une faible efficacité. " Le dispositif fiscal ne leur fait ainsi gagner que 1,7 point de taux d'effort pour l'achat d'un logement dans le neuf et 1,6 point dans l'ancien. " C'est quatre fois moins que les ménages modestes ", note le responsable. En fait, dès 2006, note l'Observatoire, " rien ne vient plus compenser pour ces ménages les conséquences du mouvement des prix et leur indicateur de solvabilité est maintenant descendu à un niveau particulièrement bas ".

